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 | Et si Astérix avait été Thiérachien? |  |
Ecrit par terascia le Monday 09 April à 19 h 35
Contribution de terascia
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Et si Astérix
avait été Thiérachien?
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Jules
César lui même relate le courage que nos ancêtres eurent
pour défendre leur sol face à l’avance des Romains,
en particulier lorsqu’il décrit une féroce bataille
que ses légions livrèrent sur le sol de la Thiérache.
Voici les renseignements qu’il nous fournit.
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Les
préparatifs, la bataille.
Les Nerviens, qui s’étaient joints aux Atrébates et
aux Véromanduis, avaient abrité leurs femmes, leurs
enfants et leurs vieillards dans les marais impénétrables
proches de la rivière. Ils s’étaient avancés pour suivre
la marche des Romains. Ils étaient décidés à périr,
plutôt que d’accepter le joug de l’envahisseur. Sans
attendre les Attuatiques qui s’étaient mis en route
pour se joindre à eux, ils choisirent pour attaquer
le moment où deux légions romaines qui formaient l’arrière
garde furent séparées des six autres. Deux d’entre elles
étaient occupées à la construction d’un camp au sommet
d’une colline, pendant que deux autres étaient occupées
à abattre des arbres, si bien que de nombreux soldats
étaient dispersés. Nos Gaulois se préparaient au sommet
d’une colline proche de celle où travaillaient les Romains,
mais séparée de celle-ci par une large rivière (l’Oise
certainement). Nos ancêtres, quittant leur retraite,
traversèrent la rivière à la nage, sur trois colonnes,
et enveloppèrent les Romains. Les Atrébates formaient
la colonne de droite, les Véromanduis celle du centre
et les Nerviens celle de gauche.
Au premier choc, les Atrébates prirent la fuite et entraînèrent
derrière eux les neuvième et dixième légions par-delà
la rivière, et ne s’arrêtèrent qu’au fond d’une vallée
pour leur offrir quelque résistance. Les Véromanduis
firent la même chose, entraînant derrière eux les huitième
et onzième légions. Cependant, à la suite de ces mouvements,
une grande trouée s’offrit entre ces légions et les
septième et douzième qui occupaient l’emplacement du
camp. Les Nerviens allongèrent alors leur ligne et encerclèrent
complètement les Romains.
C’est alors que les valets de l’armée se mirent à fuir
dans toutes les directions. La panique s’installa bientôt
parmi les troupes légères, qui s’étaient rapprochées
du camp lors de l’ attaque. «Tous, dit César,
frondeurs baléares, archers crétois, cavaliers numides
et trévires, s’enfuirent à toute bride, ces derniers
vers leur pays, annonçant ma défaite.»
Lorsque le Général Romain arrive de son centre à sa
droite, il trouve un carnage affreux. Dans cette situation
désespérée, il court ranimer les cohortes par sa présence
et ses exhortations, rapproche les légions, les adosse
les unes aux autres pour les empêcher d’être débordées,
et les amène à tenir quelques temps encore contre l’ennemi.
Le combat est horrible. De chaque côté, personne n’avance,
personne ne recule. S’en eut été fait de César et de
ses légions, sans l’arrivée des deux dernières, celles
qui suivaient derrière avec les bagages. Elles furent
bientôt renforcées par la dixième, qui avait aperçu
le danger que courait le Général.
Les Nerviens virent bientôt leur bravoure inexpérimentée
s’incliner devant la science militaire des Romains.
Le combat cessa bientôt, faute de combattants. L’armée
des Nerviens était réduite de soixante mille à cinq
cents. Quand à leurs chefs, de soixante ils n ’étaient
plus que trois. La clémence de César. Le Consul rendit
compte à Rome de sa victoire dans une lettre, où il
vante en termes pompeux les mérites des guerriers qu’il
vient de battre. On peut supposer que cette description
des hommes qu’il vainquit fut légèrement enjolivée,
afin d’obtenir encore plus de gloire de sa victoire.
César n’usa pas, paraît-il, des droits des vainqueurs.
Les vieillards, les femmes et les enfants, réfugiés
dans les marais, lui envoyèrent des députés pour implorer
sa clémence. Il se laissa fléchir, prit les vaincus
sous sa protection, et leur laissa le pays qu’ils possédaient,
fait rare pour être remarqué. Cette clémence fut cependant
bien mal récompensée, Un an plus tard, César dut revenir
sur les bords de la rivière pour vaincre les Nerviens
à nouveau, ceux-ci s’étant cette fois alliés aux Attuatiques
et aux Eburons pour provoquer une nouvelle fois le Proconsul.
Bien que César n’indique pas exactement l’endroit où
eut lieu cette bataille, on peut à coup sûr la situer
sur le sol de la Thiérache puisque les deux hypothèses
connues indiquent que la bataille se déroula soit sur
les bords de la Sambre près de Fesmy, soit sur les bords
de l’Oise, près de Lesquielles.
Marc Blancpain, dans son ouvrage : «Grandes heures
d’un village de Thiérache», pense quant à lui
qu’il s’ agit de la Sambre et de Fesmy : «La Sambre,
chez nous, n’est pas loin de ses sources ; mais cette
rivière à peine née parut grosse comme un fleuve, avec
ses trois pieds d’eau, au conquérant des Gaules... Car
le Sabis de César est bien notre rivière : je n’en suis
pas certain, mais n’en veux pas douter...»
Le fait que César parle d’une large rivière, et que
l’on ait retrouvé près de Lesquielles la tombe d’un
officier Romain dont César parle dans ses écrits, Sextus
Baculus, me pousse à préférer l’Oise pour rivière et
ce deuxième lieu. Et la civilisation romaine s’installa.
L’influence de la civilisation romaine ne tarda pas
à se faire sentir.
On peut encore en trouver les traces aujourd’hui, avec
par exemple le camp de Labiénus en forêt de Saint-Michel.
De nombreux objets, pièces de monnaie, ont été retrouvés
sur le sol de la Thiérache, soit lors de fouilles, soit
lors de travaux divers.
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